Agri-Hub Bénin: la première édition de la foire AgriFinances a vécu

Coupure du ruban symbolique ouvrant ainsi les portes des stands au public
Coupure du ruban symbolique ouvrant ainsi les portes des stands au public
Coupure du ruban symbolique ouvrant ainsi les portes des stands au public
Coupure du ruban symbolique ouvrant ainsi les portes des stands au public

C’est la majestueuse «Salle  Majestic» de Cotonou qui a abrité l’évènement les 28 et 29 novembre 2013. Financée par l’Ambassade Royale des Pays-Bas près la République du Bénin et organisée par l’Organisation Néerlandaise de Développement (SNV) qui assure la coordination de Agri-Pro-Focus (Agri-Hub Bénin), la première édition de la foire AgriFinances a été à la fois un espace d’échanges et de rencontres pour les acteurs et les institutions offrant des services techniques et financiers.

AgriFinances 2013 a été des discussions en panel, des présentations faites par des cadres en charge des portefeuilles de l’Etat dédiés au financement de l’agriculture, des témoignages d’agriculteurs individuels, d’Organisations Paysannes et d’exploitants agricoles, des expositions faites par les banques, les institutions de micro finance, et les projets et programmes facilitateurs d’accès au financement et des espaces « business to business ».

Les discussions en panel qui ont mis face à face les banques/IMF et les producteurs/transformateurs demandeurs de financement ont permis de relativiser l’assertion courante selon laquelle « les guichets des banques/IMF sont fermés pour les acteurs du secteur rural ». En effet, «difficulté d’accès n’est pas absence totale d’accès» a exclamé un participants après une présentation très édifiante sur la levée d’un important financement par le promoteur des jus d’ananas IRA (Promofruits). En face des besoins énormes de financement, se trouvent des conditionnalités auxquelles les demandeurs ne sont pas forcément préparés: élaboration de dossiers bancables (étude de marché, plan d’affaires etc.), taux d’intérêt trop élevés (24% l’an), durée des prêts trop courte, dépôt obligatoire de garantie etc. En somme, il est difficile voire impossible à un simple citoyen exerçant la profession d’agriculteur d’accéder au financement s’il n’est pas accompagné. Des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) comme l’IFDC, la SNV, PFD, la GIZ etc. l’ont compris très tôt en intégrant à leurs approches d’intervention l’accompagnement des IMF avec bonification des taux d’intérêt. « Nous encadrons les producteurs suivant l’approche CASE et nous avons un dépôt de garantie auprès de la FECECAM qui octroie des crédits à nos producteurs à des taux supportables par leurs activités » a déclaré la représentante de l’IFDC lors de la présentation des activités de son institution.

Malgré les difficultés d’accès, des producteurs individuels ou en groupements ont pourtant réussi à lever des financements importants. Le cas de Dieudonné ALADJODJO de Promofruits est illustratif. Mais cela ne fait pas légion. Ce qui est courant c’est la difficulté voire l’impossibilité d’accès au financement que la plupart des IMF représentées ont reconnu et déploré en même temps que les producteurs. Que faire dans ce cas ? Ce qui relève de la responsabilité des producteurs c’est l’élaboration de bons dossiers et cela, l’accompagnement des PTF aide déjà à le corriger surtout à travers le Conseil à l’Exploitation Familiale (CEF). Et le reste ? Des taux d’intérêt très élevés, des échéances incompatibles avec les activités champêtres et les difficultés d’accès aux marchés, toutes choses qui interpellent l’Etat dans son rôle de régulateur.

Pour faciliter l’accès aux financements des agriculteurs et surtout des jeunes désireux de s’insérer dans le secteur rural, l’Etat a le devoir d’agir en amont comme en aval des différentes filières. En amont l’Etat doit sécuriser les terres agricoles et en aval, il doit prendre des mesures pour garantir l’accès aux marchés des produits agricoles. Ce rôle, l’Etat Béninois l’a bien compris qu’il a mis en place certaines institutions dont l’AMAB qui s’occupe de l’assurance agricole. Le Fonds National de Développement Agricole participe aussi de cette volonté de l’Etat de faciliter l’accès au financement,  même si le projet tarde à se concrétiser. Bien d’autres actions sont à mettre à l’actif de l’Etat, mais les impacts sont encore peu ou pas du tout perceptibles.

M. Imorou Younoussa de la GIZ présentant son stand aux visiteurs
M. Imorou Younoussa de la GIZ présentant son stand aux visiteurs

La foire AgriFinances c’était aussi des stands aménagés où les représentants des institutions n’ont pas tari d’ardeur pour présenter leurs institutions et fournir au public de la documentation sur les activités qui se mènent. L’espace B2B n’a pas non plus chômé pendant les deux jours de la foire.

Signalons que c’est à 9 heures le jeudi 28 novembre 2013 que le Secrétaire Général du ministère en charge de l’agriculture, Monsieur Olivier Vigan a procédé à l’ouverture officielle de la foire en compagnie de l’Ambassadeur des Pays-Bas près la République du Bénin et de la Directrice Nationale de la SNV. Leurs vœux de voir la foire AgriFinances accroché le public ont été largement exaucés et ils n’ont pas manquer de le signaler à la cérémonie officielle de clôture qui s’est déroulée bien au-delà de l’heure prévue le vendredi 29 novembre 2013.

Joachim SAIZONOU

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