Chaînes de valeur : Le palmier à huile, champion des oléagineux

Jeunes plants de palmiers sélectionnés
Jeunes plants de palmiers sélectionnés
Jeunes plants de palmiers sélectionnés
Jeunes plants de palmiers sélectionnés

Les investisseurs privés multiplient les projets sur les terres africaines pour produire de l’huile de palme, la championne mondiale des huiles. Ces projets parviendront-ils à prendre en compte les besoins nationaux et régionaux en oléagineux et les nécessités du développement durable ?

Mise en valeur de 50.000 hectares de plantation par Olam au Gabon, 73.000 hectares par Erakles au Cameroun, 200.000 hectares par Golden Veroleum Liberia au Liberia… Les investisseurs privés multiplient les projets sur les terres africaines pour produire de l’huile de palme, la championne mondiale des huiles, tant au niveau de la production que des échanges commerciaux. Huile la moins chère du monde, sa culture est d’autant plus populaire que le rendement du palmier à huile est cinq fois supérieur à celui du soja ou du colza, nécessite un moindre besoin en intrants et ne demande pas de gros investissements en matériel, étant d’abord fondée sur de la main d’œuvre.

Or, «l’huile rouge» est le corps gras le plus consommé en Afrique et représente une activité importante pour les familles, et en particulier les femmes dans la transformation de la matière première. De premier exportateur mondial dans les années 50-60, l’Afrique a perdu sa place au profit de l’Asie, la Malaisie et l’Indonésie qui assurent 85% des exportations et de la production mondiales.

 

Côte d’Ivoire, un exemple à suivre

Qui aurait prévu que le continent africain deviendrait un jour importateur net d’oléagineux ? Premier producteur d’huile de palme avec environ 1,3 million de tonnes par an, le Nigéria ne répond qu’à 60 % de ses besoins nationaux. Au niveau régional, la CEDEAO doit faire face à un déficit d’environ un million de tonnes par an. La Côte d’Ivoire est le seul pays du continent à satisfaire ses propres besoins et à exporter dans la sous-région, et dans une moindre mesure sur le marché européen. Sa production atteint aujourd’hui environ 400.000 tonnes contre 236.000 tonnes en 2005, dont environ 200.000 tonnes ont été exportées dans l’UEMOA en 2011. Une filière ivoirienne où les plantations villageoises, regroupant plus de 35.000 exploitants, sont trois fois plus importantes que celles industrielles. Elle bénéficie aussi d’une forte structuration à travers l’Association interprofessionnelle de la filière palmier à huile (AIPH), qui regroupe toutes les composantes de la filière. La Côte d’Ivoire est toutefois confrontée au défi d’accroître la productivité et la compétitivité de son industrie de transformation, en surcapacité aujourd’hui. L’accent est mis sur les petits planteurs en leur fournissant des palmiers à huile de l’Institut de recherche, CNRA à haut potentiel de rendement et en les sensibilisant au respect de l’itinéraire technique.

A l’image de la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun et le Nigéria ont eux aussi engagé des plans de développement du palmier à huile. Cependant, le manque de productivité demeure le maillon faible de la filière africaine, surtout au regard des rendements enregistrés en Asie. Or là résident les plus beaux espoirs de cette filière : contrairement à toute autre région du monde, la production africaine pourrait en effet augmenter sans accroître les superficies, et donc sans porter atteinte à l’environnement, sans se substituer à d’autres cultures notamment alimentaires.

Cap sur l’huile de palme durable

Encore faudrait-il que le développement des plantations de palmier intègre de nouvelles pratiques durables tant l’huile de palme concentre de nombreuses critiques. Environnementales tout d’abord, mais aussi sociales et sanitaires. La création de la Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO), en 2004, apporte en partie des réponses à ces questions en édictant des principes et critères pour certifier l’huile durable. Cette dernière gagne du terrain, surtout en Europe aujourd’hui, auprès des distributeurs et industries agroalimentaires. Une exigence à laquelle la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a su répondre très tôt, anticipant la vague.

La PNG a développé sa production d’huile de palme, plus de 50% en 10 ans pour atteindre aujourd’hui, plus de 550.000 tonnes, en s’inscrivant dans une démarche de certification, notamment avec les investissements de New Britain Palm Oils Limited (NNPOL), premier producteur d’huile de palme RSPO. La PNG a aussi su conserver sa troisième place d’exportateur sur le marché européen. Certains pays africains lui emboîtent le pas, comme le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui ont engagé des processus de certification, et d’autres suivront certainement, comme le Gabon ou le Libéria, les investisseurs affichent leur volonté de s’inscrire dans une telle démarche.

Extrait de Spore magazine N° 163 Avril-Mai 2013   (le titre a été légèrement modifié par la rédaction)

1 Comment

  1. Voilà des exemples édifiants. Ceux-ci prouvent que rien n’est perdu, même si la pluviométrie, facteur important dans la culture du palmier, n’est pas la même chez nous que dans les pays cités en exemple. Qu’attendons-nous ?

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