Et si les présidentiables s’engageaient à abonder le FNDA ?

Tomate
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Le Fonds National pour le Développement Agricole (FNDA) est une émanation du Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA) et se veut aujourd’hui le seul guichet pour l’accès au financement des activités agricoles. Pour que ce fonds joue effectivement son rôle, il faut que l’Etat, qui est son tout premier partenaire, contribue à son abondement.

Après la terre, le deuxième outil majeur de l’agriculteur est le financement et pas de n’importe quelle provenance, ni dans n’importe quelle condition. C’est à ce titre que les producteurs réunis au sein de la Plateforme Nationale des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles (PNOPPA) ont saisi l’opportunité qui leur a été offerte par le Gouvernement de mettre en place le FNDA. Ils ont travaillé d’arrache-pied depuis plus d’un an aux côtés des agents nommés par le gouvernement pour élaborer les outils de gestion du fonds. Aujourd’hui, le FNDA est prêt, le personnel est disponible, les différents guichets sont en passe d’être créés. Il ne reste que l’abondement pour que les portes de cette banque soient ouvertes aux agriculteurs.

L’Etat du Bénin, créateur du FNDA et donc son premier partenaire, s’est engagé à financer le fonds jusqu’à hauteur de 25 milliards de francs CFA, à raison de : 10 milliards au démarrage des activités et 05 milliards par an pendant les trois (03) premières années de fonctionnement. Très belle promesse me diriez-vous. Mais, à ce jour disait le Président de la PNOPPA M. Léopold LOKOSSOU lors d’un entretien à la télévision nationale, «en dehors de la nomination du personnel, plus rien n’a été fait par l’Etat. Ce sont les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) qui ont accompagné le FNDA pour l’élaboration des outils de gestion et ils sont encore prêts à poursuivre, mais à la seule condition que l’Etat honore ses engagements». En effet, disait M. AKOUTA qui représentait les PTF sur la même émission «le FNDA c’est d’abord et avant tout l’affaire du Gouvernement du Bénin. Les PTF ne font qu’accompagner et on n’accompagne que ce qui existe».

Accéder aux services financiers

Les institutions de financement classiques (banques et SFD) ont montré leur limite face à l’imprévisibilité du monde agricole. «Aucun agriculteur sérieux ne peut se satisfaire d’un crédit à un taux d’intérêt à deux chiffres» a déclaré Léopold LOKOSSOU et il poursuit : «ce qui se passe actuellement est tout simplement suicidaire pour le secteur agricole. On vous propose des crédits à 2% par mois, ce qui fait 24% par an et on justifie ce taux très élevé par le caractère très aléatoire des activités agricoles. Est-ce que parce que les risques sont trop élevés, tout le monde doit abandonner la terre ?» L’obligation de nourrir la population impose à l’Etat d’accompagner ceux qui, malgré tout, continuent de s’adonner aux travaux champêtres. C’est ce qui justifie la création du FNDA. Le FNDA est une banque qui crée les conditions favorables en termes de taux d’intérêt, de garantie, et de durée de remboursement. Tous les  agriculteurs, quelles que soient leurs activités peuvent accéder au financement à travers les guichets du FNDA. Le fonds permet en effet le financement des équipements agricoles (les investissements) et des campagnes (fonds de roulement).

Appel aux présidentiables

En ce moment où les Béninois s’apprêtent à élire leur nouveau président, les agriculteurs, par la voix du Président de la PNOPPA lancent un vibrant appel aux candidats. Quand on parcourt leurs projets de société, on se rend compte que tous sont conscients du rôle moteur que joue l’agriculture pour l’économie du Bénin. Mais aucun d’entre eux ne semble percevoir la nécessité de faciliter l’accès au financement des agriculteurs. Le FNDA n’est sûrement pas connu. Il s’agit pour la PNOPPA d’engager des actions de plaidoyer en direction des présidentiables pour le faire connaître. L’objectif étant «que le prochain Président de la République fasse de l’abondement du FNDA l’une de ses toutes premières priorités» a indiqué Léopold LOKOSSOU.

1 Comment

  1. C’est un défi majeur qui est relevé avec le FNDA. Il importe que l’État aille au delà en mobilisant d’importants financements pour un meilleur positionnement de ce Fonds. Aucun développement ne sera au rendez-vous sans des conditions souples d’accès au financement et un suivi rigoureux.

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