Incendie du coton en cours d’évacuation : comment y faire face ?

 

 

Le coton est un produit hautement inflammable. Au nombre des risques encouru par le coton au champ et lors de son évacuation vers les usines se trouve en bonne position l’incendie.

A défaut d’accéder aux statistiques relatives à l’incendie du coton graine à titre de comparaison, on peut supposer que la campagne 2016-2017 n’est pas particulièrement éprouvée. Les opérations de commercialisation de coton graine ont toujours été marquées par des risques divers et le tout premier reste et demeure l’incendie que ce soit au champ (avant la récolte) ou sur les marchés autogérés ou encore lors du transport vers les usines d’égrenage.

Au champ

Le coton arrive à maturité entre les mois d’octobre et de novembre et sa récolte intervient au plus tôt en cette période, sinon au plus tard en janvier. Le coton est produit majoritairement dans les régions septentrionales du Bénin où souffle le vent sec le harmattan précisément dans la période des récoltes. Pour cela il a été toujours recommandé aux producteurs de faire la récolte précoce et échelonnée. En effet, le coton au champ court un très grand risque d’incendie. Les feux de brousse précoces constituent un danger pour le coton au champ.

Sur les places de marché

L’aménagement des sites de marché autogéré pend en compte le risque d’incendie. Il faut dégager complètement le site et ses alentours des herbes et autres débris qui peuvent transporter des étincelles. Un équipement capital pour le marché est la présence de tonneaux remplis d’eau et surtout la présence permanente d’un gardien.

Au cours du transport

C’est sur son parcours vers les usines que le coton graine est le plus exposé. Les cas de panne des véhicules ou, dans pire des cas, les accidents sont les dangers qui guettent le coton.

Quelles approches de solutions ?

La présence permanente du risque impose aux acteurs des dispositions préventives. La seule valable en cette matière est la souscription d’une police d’assurance pour accompagner la filière en cas de sinistre. La difficulté au niveau de cette disposition est qui prend en charge ? Ou plus simplement jusqu’où s’arrête la responsabilité des producteurs et où commence celle des égreneurs ?

Pour diverses raisons dont notamment celles évoquées par le rapport «Evaluation finale du Projet d’Appui à la Réforme de la Filière Coton (PARFC) en sa page 79» : «dépôts de décades fictives, manipulation frauduleuse du poids de coton graine par certains secrétaires de GVPC, gérants et agents de conditionnement, l’ex-CSPR-GIE a dû changer le système de paiement à partir de la campagne 2006-2007. Le nouveau mode de paiement est basé sur les poids réceptionnés à l’usine et non sur les achats décadaires déclarés». Bien que salué par les acteurs, ce nouveau système déplace le la responsabilité sur le coton graine.

C’est l’égreneur qui paie le transport du coton graine (du marché autogéré à son usine). De ce fait, il peut exercer une certaine pression sur le transporteur, notamment exiger les conditions optimales pour le transport. Cette responsabilité, les égreneurs l’on toujours rejetée ne voulant pas supporter les risques. Sur le marché autogéré, le producteur a vendu son coton et il détient déjà la preuve de cette vente (le reçu délivré par sa Coopérative). Les risques sur le marché autogéré incombent à la coopérative jusqu’au chargement des véhicules. Le transporteur étant payé par la société d’égrenage, c’est elle qui logiquement prend en charge les risques lors du transport, mais ce n’est jamais le cas.

Pour contourner cette difficulté, la Banque Mondiale qui a financé le PARFC (avec l’Etat du Bénin) accepté de supporter les frais d’assurance. Il était entendu que les acteurs arrivent à un point d’accord avant la fin du projet en 2008. Malheureusement ce ne fut pas le cas et le volet assurance a été purement et simplement abandonné.

L’un des acquis majeurs du PARFC est le cadre de concertation des acteurs opérationnels qui a survécu seulement deux ans après le projet. En 2010, avec le changement de l’équipe dirigeante de l’AIC, le cadre de concertation a disparu avec toutes les bonnes pratiques que cela imposait. «Autre temps, autre mœurs dit-on».

J. N. S.

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