Parer au plus urgent

Verger de papayers solo sur la route d'Allada
Verger de papayers solo sur la route d'Allada
Verger de papayers solo sur la route d'Allada
Verger de papayers solo sur la route d’Allada

Le plus urgent, c’est de remédier définitivement à la pourriture des fruits qui s’observe à chaque saison : la tomate, la mangue, l’orange pour ne citer que ceux-là. L’installation en cours des usines de transformation des fruits et légumes répond parfaitement à ce besoin. Mais, à y regarder de plus près, pas besoin d’une expertise dans les questions de management des organisations pour comprendre que plusieurs étapes indispensables ont été brûlées. Que Dieu nous préserve des conséquences.

Le mode de gestion des usines que l’Etat s’active à mettre en place maintenant aurait dû être la toute première étape. Gestion privée à travers la mise en concession (privatisation) ou gestion directe par l’Etat (société d’état) ? Cogérance (société mixte) ou partenariat public-privé ? Il était important de retenir un mode de gestion pour  chaque usine, d’installer sont Conseil d’Administration et, dans la mesure du possible, une équipe restreinte pour la conception du projet.

La deuxième étape qui relève de la responsabilité de l’équipe projet, est l’approvisionnement en matières premières. Il ne suffit pas d’implanter une usine de tomate par exemple au cœur de la plus grande zone de production pour garantir son approvisionnement, même si le niveau de production de la zone dépasse largement la capacité de l’usine. Il était indispensable de rencontrer les producteurs soit individuellement (pas très recommandé) ou regroupés en coopératives (recommandé) pour faire le  choix de la variété, déterminer l’itinéraire technique adéquat, évaluer les besoins en intrants, déterminer le mode d’approvisionnement en intrants, fixer le prix de cession des intrants et déterminer les quantités à produire et le mode de livraison à l’usine (bord champ ou pont bascule usine). En gros, il faut établir, sur la base de tous ces éléments, des relations contractuelles avec les différents groupes.

Une troisième étape est absolument indispensable. C’est l’étude du marché.  Un produit commercial ne ressemblera jamais à une administration publique qui s’impose à tous les citoyens. Il ne s’impose pas. Il doit attirer ses consommateurs potentiels. De ce fait, il faut aller par sondage pour apprécier quelle catégorie de citoyen est prête à adopter la tomate pasteurisée et en conserve plutôt que le fruit frais à écraser avant usage ? Quelle est l’importance de cette catégorie dans la population ? Quel est son pouvoir d’achat ? L’étude de marché conduirait forcément à déterminer une fourchette de prix pour le produit et son rythme de pénétration dans le marché.

La garantie d’approvisionnement et la connaissance du marché ne sont pas les seuls facteurs qui peuvent emporter la décision d’implantation d’une usine. L’élaboration du business plan (plan d’affaire) est obligatoire. Le business plan est le document qui indique le coût des investissements et les différents seuils de rentabilité. En quelque sorte, c’est le tableau de bord et les grandes décisions du Conseil d’Administration ne peuvent que se basées sur cet outil.

Les usines en cours d’installation ne sont pas des dons du Gouvernement indien. Logiquement, leur acquisition ne devrait pas précéder les quatre étapes ci-dessus citées. En effet, la décision d’achat relève de la responsabilité du Conseil d’Administration qui doit s’appuyer sur l’équipe projet pour faire le choix technologique. Ce choix doit répondre parfaitement aux exigences du marché. Le produit final est-il ce que recherchent les consommateurs ? Le coût de production est-il compatible avec le pouvoir d’achat de la catégorie ciblée ? Est-ce qu’elle dispose des options évolutives qui peuvent prendre en compte l’évolution du marché ? A l’ère du tout numérique, si le choix technologique comporte des biais, il ne faut pas s’étonner que les nouveaux joyaux se transforment en «…BLANCS» avant même leur mise en service.

L’implantation de l’usine n’est malheureusement que la 6ème étape dans ce processus. Mais c’est elle qui est presque bouclée en ce moment. Et c’est maintenant que des experts s’activent à identifier les modes de gestion usine par usine. On ne peut que leur souhaiter bon vent.

La rédaction

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