Un premier pas de franchi pour les acteurs de la filière lapin

Séance de travail avec les acteurs de la filière cunicole
Séance de travail avec les acteurs de la filière cunicole
Séance de travail avec les acteurs de la filière cunicole
Séance de travail avec les acteurs de la filière cunicole

Qui l’eut cru ? Après l’atelier du mois d’Avril 2017 qui a réuni l’ensemble des acteurs de la filière lapin autour de la stratégie de développement, le rapport produit par Célia FIOGBE n’était guère rassurant sur l’éventualité d’un retour à la table de négociation, tant les difficultés qui annihilent les élans réformistes étaient nombreuses.

Sous l’égide du Professeur Guy Apollinaire MENSAH et de l’équipe d’administration du groupe Bénin INFO AGRI, la Coordination de AgriProFocus Bénin a réussi le pari de réunir l’ensemble des acteurs autour d’une thématique principale : SE PARLER

C’est en effet suite à un diagnostic rapide fait sur le forum du groupe Bénin INFO AGRI que le Professeur Guy a suggéré la mise en place d’une plateforme d’innovations de la cuniculture au Bénin. Le groupe a pris l’idée à son compte, en a tiré un TDR dont le financement a été accepté par AgriProfocus.

La grande salle de réunion de la SNV où s’est tenue la rencontre était bien pleine ce Mercredi 31 Mai 2017. Les acteurs de la filière lapin ont tous bravé la pluie battante du matin pour se présenter à cette séance que tous prenaient comme salutaire et elle l’était effectivement vue les thèmes débattus. Seul le représentant de l’ONG Bouge n’a pas répondu à l’appel. Il avait bien signalé son empêchement.

Par des anecdotes bien choisies et très amusantes, le Professeur Guy a fait passer plusieurs messages qui ont pour but de faire revenir la paix, le dialogue et la confiance mutuelle dans cette filière. Les acteurs, tous de véritables frondeurs en avaient bien besoin.

La mise en place de l’interprofession envisagée passe forcément par la connaissance des règles, d’où les deux thèmes présentés par Joachim SAIZONOU : «De la nécessité pour chaque groupe d’acteurs de la filière lapin de se constituer en famille professionnelle» et «De la nécessité pour chaque famille professionnelle de s’engager à travers la signature des accords interprofessionnels». Ces deux communications ont suscité beaucoup d’interrogations les une contre, les autres pour et c’est bien normal. Quand on a passé plus de 20 ans de carrière à être à la fois éleveur et transformateur, il n’est pas facile d’accepter que des limites soient posées aux activités de chaque famille professionnelle, pas plus qu’ils (les éleveurs surtout) ne s’attendaient pas à entendre que par un simple accord interprofessionnel, ils pouvaient voir toute leur production achetée sans qu’ils soient obligés de courir après les clients qui deviennent de plus en plus rares. Tout cela est bien possible si on conduit jusqu’à son terme la réforme qui va conduire à la mise en place de l’interprofession de la filière cuniculture.

Et les subventions ?

Il n’a pas été très facile de prendre comme cas pratiques les acquis de l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC). Beaucoup pensent et ils n’ont pas tort, que la filière coton reçoit chaque année des milliards de francs CFA comme subvention. Comment faire pour que la filière cunicole soit elle-même éligible aux subventions de l’Etat ? C’est assez simple : chaque subvention octroyée par le gouvernement à la filière coton porte un nom : prix d’achat du coton graine ou engrais. Il n’y a jamais les deux à la fois sauf cas exceptionnel (campagne 2004-2005). Pour qu’il en soit ainsi, l’AIC a signé un Accord-Cadre avec l’Etat qui indique bien que l’état apporte son soutien aux producteurs (maillon le plus faible) en cas de hausse importante des prix sur le marché international. La hausse des prix sur le marché international est une cause exogène qui peut entraîner la faillite d’une famille sans que son professionnalisme soit remis en cause. Pour arriver à ce niveau, il faut bien que les acteurs de la filière cunicole franchissent les étapes comme : la structuration des familles professionnelles (depuis la base), les commissions techniques pour définir et valider les normes (conduite de l’élevage, santé des animaux, formules alimentaires etc.) et la signature des accords interprofessionnels (entre les familles) et de l’accord-cadre avec l’Etat.

La rencontre du 31 mai 2017 est un véritable pas de franchi puisqu’elle a permis de mettre en place la plateforme d’innovations tant souhaitée. Un noyau de pilotage de cinq (5) membres a été installé. Il est coordonné par Monsieur Gabriel ANAGONOUVI de Elevage Sans Frontière (ESF). Les premières missions assignées à la plateforme sont :

  • Visites de courtoisie à diverses autorités qui ont joué et qui doivent encore jouer des rôles importants dans les réformes envisagées ;
  • Mobilisation des ressources en vue de la mise en œuvre de la stratégie de développement de la filière cunicole ;
  • Visite des familles professionnelles (éleveurs, transformateurs, fournisseurs d’intrants, distributeurs etc.)
  • Elaboration des cahiers de charge pour les commissions techniques.

Joachim N. SAIZONOU

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