Soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert : La gouvernance de la filière coton au centre des préoccupations

Le panel de la soirée politique de FES
Panel de la soirée politique de FES
Le panel de la soirée politique de FES
Panel de la soirée politique de FES

C’est à partir de la présentation d’une plaquette d’environ 25 pages que la Plateforme des Acteurs de la Société Civile au Bénin (PASCIB) a planté le décor de ce qu’il convient d’appeler «Regards croisés de la société civile sur la gouvernance de la filière coton au Bénin». C’était dans la soirée du jeudi 18 juillet 2013 dans la salle de conférence de la Fondation Friedrich Ebert (FES) à Cotonou. Regards croisés puisque toutes les composantes de la société étaient représentées et chacune avait son mot à dire.

Dans son mot de bienvenue, Monsieur Constantin GRUND, Représentant Résident de la FES a fait la genèse des soirées politiques de la Fondation Friedrich Ebert. Les thématiques abordées sont souvent inspirées de l’actualité. Avec un peu de recul, le coton a fait en 2012 «la une» de l’actualité pendant plus de six mois sans que des solutions soient trouvées aux problèmes évoqués. Les grandes préoccupations relevées dans l’analyse prospective faite pas le PASCIB justifient bien selon M. Grund «l’organisation d’une soirée politique» et la présence effective de toutes les composantes de la société civile du Bénin en est un témoignage.

L’étude diagnostic de la gouvernance de la filière coton conduite par le PASCIB fait ressortir les constats suivants :

–          Baisse tendancielle des performances de la filière depuis une dizaine d’années ;

–          Inadéquation des capacités des usines d’égrenage installées et de la production ;

–          Inefficacité des subventions accordées au secteur ;

–          Instrumentalisation des producteurs ;

–          Remise en cause du principe de l’interprofession.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le décaissement de la subvention pourtant accordée par l’Etat sur l’engrais coton au titre de la campagne 2011-2012 dont le montant s’élève à plus de 11 milliards F CFA. L’Accord-cadre signé entre l’Etat et l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC) pour une période de dix ans a été dénoncé et unilatéralement abrogé. Désormais c’est le Gouvernement qui gère directement la filière coton au Bénin. Au nombre des suggestions faites par le PASCIB pour un redressement optimal de la filière, on peut citer entre autres:

–          Prendre une loi-cadre pour le secteur cotonnier après une large concertation avec tous les acteurs ;

–          Régler définitivement le problème de l’organisation et de la représentativité des producteurs de coton afin de renforcer leur pouvoir décisionnel par rapport aux autres familles membres de l’interprofession ;

–          Prendre des mesures appropriées pour ramener la transparence dans la gestion de toutes les OP tant à la base qu’au niveau des faîtières ;

–          Régler définitivement la question de financement des fonctions critiques aussi bien par l’Etat que par tous les acteurs privés ;

–          Revoir et corriger au besoin tout le mécanisme d’approvisionnement en intrants de même que celui de fixation des prix de cession des intrants ;

–          Etablir de façon stricte et participative, une programmation des activités d’une campagne à une autre.

A la suite de M. Aurelien ATIDEGLA, Président du PASCIB,  qui a présenté le diagnostic, tous les autres intervenants ont reconnu la pertinence des analyses et des propositions de sortie de crise. Fustigeant la gestion actuelle de la filière, l’Honorable Candide AZANNAI a indiqué que «les choix économiques doivent être en adéquation avec l’option macropolitique.» Il identifie quatre repères : public, privé, rural et urbain et fait le constat d’un rural très vaste et très atrophié donc sans attraction face à l’urbain très restreint mais très nanti.

Le Secrétaire Général de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, M. Hyppolite KOUKOU voit quand à lui «des opérateurs privés en face d’un partenaire qui somnole. Quant enfin il se réveille, il jette le sifflet pour devenir joueur.» M. Martin ASSOGBA  de l’ONG ALCRER a pour une ènième fois saisi l’occasion pour dénoncer les pratiques mafieuses qui ont cours actuellement autour de l’approvisionnement en intrants. Selon lui, «les quantités commandées ne sont pas les quantités livrées et rien ne garanti la qualité des engrais mis en place  auprès des producteurs.» Les échanges informels entre participants se sont poursuivis plus tard autour du cocktail

 

Joachim Saizonou

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