Sommes-nous à la fin des subventions sur les semences de maïs et de riz ?

Semences de maïs sur la ferme d'Alafiarou (DAGRI)
Semences de maïs sur la ferme d'Alafiarou (DAGRI)
Firmin Goutoessi, producteur semencier à l'UCP d'Ifangni
Firmin Goutoessi, producteur semencier à l’UCP d’Ifangni

 

Selon un communiqué du collectif des producteurs semenciers du Bénin lu sur la radio nationale par leur porte-parole M. Yéssoufou Gorado le lundi 3 Août 2015, «Les semences certifiées de riz et de maïs produite au titre de la campagne 2014-2015 ont été régulièrement enlevées par la Société Nationale de Promotion Agricole (SONAPRA). Mais jusqu’à ce jour, aucun des producteurs concernés n’a encore été payé».

 

Réduction des emblavures

La campagne 2015-2016 a déjà effectivement démarré sur toute l’étendue du territoire et les semenciers qui ont déjà engagé des ressources pour préparer les champs attendent avec impatience ces paiements pour poursuivre les travaux. Joint par téléphone, M. Fiodandji Assise, responsable des semenciers du Mono et du Couffo a déclaré : «Avec les reçus de la SONAPRA, j’ai fait un petit prêt pour apprêter 15 ha de riz semences. Les sous de la SONAPRA n’étant pas encore annoncés, je suis en train de détruire 10 ha car il faudra bien engager des ressources pour l’irrigation». Cette situation que vivent les producteurs semenciers risque de conduire à une indisponibilité des semences pour les campagnes à venir.

Retard, ou arrêt des subventions ?

Le responsable des subventions à la SONAPRA se dit très préoccupé par cette situation très embarrassante pour sa structure. Il continue de rassurer les producteurs cas les conséquences du non-paiement seraient incalculables pour le pays. A la Direction du Conditionnement et de la Qualité (DCQ) qui est en charge du contrôle et de la certification des semences, «c’est plus de 8 ans de travaux qui risquent de tomber comme un château de carte» a indiqué le chargé des semences. C’est en effet avec la crise alimentaire de 2008 que le Gouvernement du Bénin s’est engagé à encourager la productions céréalière et un des maillons les plus sensibles du dispositif mis en place est la subvention à la production semencière. Cela a permis à notre pays de passer de pays demandeur des vivres PAM à un pays fournisseur de céréales dans la sous-région ouest africaine. La production de maïs est en effet passée de moins de 600.000 tonnes (C/2006-2007) à plus de 1.400.000 tonnes (C/2013-2014).

Dans l’absolu, le collectif des producteurs semenciers garde toujours espoir que le Gouvernement finira par prendre la décision la plus juste. Dans le cas contraire, «nous ne garantissons pas la disponibilité suffisante des semences» a dit Gorado pour conclure sa déclaration.

Joachim N. SAIZONOU

Article écrit dans le cadre de S2 MJ Mooc Afrique Innovation

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