TEC et emploi des jeunes

Stock de maïs
Stock de maïs

Le Tarif Extérieur Commun (TEC) de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est entré en vigueur depuis hier 1er Janvier 2015. Qu’est-ce qui va désormais changer dans le quotidien du Béninois ?

Le concept produit importé va connaître une légère modification. En effet, un produit fabriqué dans l’un quelconque des pays de la communauté sera désormais considéré comme produit local dans tout l’espace CEDEAO. De la même manière, les produits qui se fabriquent dans l’espace CEDEAO seront protégés par des tarifs relativement prohibitifs sur les produits similaires au niveau des cordons douaniers.

 

Que dire des habitudes de consommation ?

Les premiers changements à noter chez les citoyens ce sont les habitudes de consommation. Le prix de la tasse de café avec tout ce qui l’accompagne pour faire le petit déjeuner de roi va connaître un renchérissement allant jusqu’à 50 ou 75% selon les ingrédients qui la compose. Déjà on peut être rassuré, le café est produit dans l’espace et l’usine NESTLE qui offre les sachets y est aussi bien implantée (Côte d’ivoire et Nigéria). Que reste-t-il ? Le jambon, le fromage, le pain et autres. A côté du petit déjeuner de roi, la tradition africaine offre la bouillie de maïs accompagnée de galettes faites à base de haricot. La différence de prix est nette, même si les qualités nutritionnelles sont discutables dans un cas comme dans l’autre. Au déjeuner comme au dîner, le poulet local (bicyclette) ou celui issu des élevages modernes coûtera largement moins cher que les viandes congelées importées qu’on ne risque plus de retrouver sur les étals dans nos marchés. Le riz long grain Thaïlandais ou Pakistanais ne sera plus à la portée de toutes les bourses. On lui préfèrera désormais le riz de la vallée ou le riz étuvé des montagnes de l’Atacora qui n’a cependant pas mauvais goût.

 

Du Côté vestimentaire

On continuera certainement à rester extravertis avec nos Costumes Louis Vuiton, mais jusqu’à quand ? Le Faso dan Fani aux couleurs locales ne perdra rien pour attendre. C’était un jour par semaine pour les tenues locale dans l’administration publique. A deux ou trois jours par semaine, elles seront largement gagnantes.

Quelles implications ?

Au plan économique, les pays de l’espace CEDEAO envers qui la nature a été d’une manière ou d’une autre très généreuse comme le Nigéria et la Côte d’ivoire continueront à piloter la machine économique de la communauté. Producteur de pétrole, le Nigéria est la première puissance économique de l’Afrique puisque les ressources issues du Pétrole permettent d’entraîner la production dans tous les autres secteurs (agriculture, agro-industrie, industrie culturelle, tourisme etc.).

Avec sa forte production de café et de cacao, la Côte d’Ivoire occupe le premier rang mondial en fourniture de beurre de cacao et pourtant, sa production de denrées alimentaires n’est pas négligeable.

Le Bénin n’est pas un scandale géologique au vrai sens du terme. Mais son potentiel en matière agricole est encore très loin d’être exploité. La preuve la Vallée de l’Ouémé classée comme la deuxième au monde après celle du Nil en Egypte. Une fois aménagée, cette vallée seule peut approvisionner en riz toute l’Afrique.

Les autres pays de l’espace ne déméritent pas. Le mali et le Burkina sont en tête en production cotonnière d’Afrique et le Sénégal occupe une place non négligeable en pêcherie. Tout ceci donne la preuve qu’au plan économique l’espace CEDEAO est viable et le TEC vient pour revaloriser tout ce potentiel.

 

Remettre les hommes et les femmes au travail

Les habitudes de production perdues depuis des lustres faute de marchés renaîtront. Tenez, l’importation des volailles et parties de volailles congelées a tué la production locale de poulet. L’importation de riz a fait perdre de vue les énormes potentialités dont regorge l’espace. A la place, les jeunes s’adonnent à des études très longues pour devenir des employés de bureau salariés au détriment de la production pour la création de richesse. Pour 40 postes à pourvoir on dénombre malheureusement plus de 40.000 dossiers et c’est ce qui va fondamentalement changer avec l’avènement du TEC. On passera certainement à moins de 1000 dossiers pour 40 postes puisque les jeunes seront occupés à autre chose qu’à la recherche d’hypothétiques emplois non rémunérateurs.

Vivement que le TEC CEDEAO ne soit pas aussi contournable que le TEC UEMOA et qu’il contribue effectivement à la valorisation de la production locale.

 

Joachim SAIZONOU

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